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A l’occasion du « J-Music Festival in Paris vol.1 », organisé par Japan Expo et Japan FM, la jeune Misaki Iwasa, anciennement idol au sein des célèbres AKB48, nous a accordé quelques minutes pour vous faire découvrir le enka, ce genre traditionnel typiquement japonais dans lequel elle excelle depuis quelques années déjà.

iwasa_misakiVous êtes déjà venue nous présenter l’univers du enka l’été dernier pour Japan Expo puis plus récemment pour Japan Expo Sud. Comment se sont passées ces rencontres avec le public français ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

J’étais vraiment très heureuse, il y avait des gens qui sont arrivés avec mes CD. Cela m’a beaucoup surprise. Il y en avait même habillés en kimono qui me disaient aimer le enka.

Pour tous ceux qui vous découvrent maintenant, comment pourriez vous définir le enka ?

S’il faut expliquer simplement, je dirais que ça pourrait être l’équivalent de la « chanson française ». Le enka c’est une musique représentative du Japon depuis très longtemps. C’est un style très classique avec ses codes et des sujets abordés qui reviennent souvent dans les chansons. Pendant longtemps, le public était plutôt âgé, mais il y a un renouveau en ce moment grâce à de jeunes artistes de enka qui permet à un public plus jeune de s’y intéresser.

C’est donc un phénomène très récent parce qu’à la base, ce style est ancré dans une certaine époque que ses principaux acteurs sont des seniors tout comme les consommateurs ?

Oui, c’est pour ça qu’on pourrait dire qu’on est au début du 2e boom du enka ! (rires)
Le premier étant celui qu’on connait avec des gens donc plus âgés.

Nous parlions des codes tout à l’heure, cela concerne aussi les costumes ? On voit beaucoup d’artistes de enka en kimono par exemple ? C’est obligé, c’est pour le folklore ?

Il n’y a pas de règle précise pour les costumes. Il est vrai que les kimonos sont beaucoup portés mais robes sont également très populaires. Donc, c’est juste un choix que fait l’artiste.

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Muji eki

Pour rester sur les codes du enka, j’ai cru constater qu’il y avait des thèmes très récurrents. Ce sont souvent des chansons titres qui se passent dans des ports, des gares, des lieux de séparations, et qu’on y parlait même d’alcool parfois. C’est une règle du enka ?

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Tomonoura bojô
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Hatsuzake

C’est la particularité de l’enka d’avoir ces thèmes. Je me les suis moi aussi appropriés. Ma première chanson portait sur une gare (Mujin eki), j’en ai aussi une sur le thème du port (Tomonoura bojô), et quand j’ai eu 20 ans, l’âge de boire de l’alcool, j’ai fait une chanson sur mon premier sake (Hatsuzake).

Quel fut votre premier contact avec ce style musical et qu’est-ce qui vous a fait tomber dedans ?

Quand j’étais petite, je vivais avec mes grands-parents, ils aimaient tous deux le enka. On regardait les émissions de enka ensemble à la télé, et on faisait du karaoke où je chantais moi aussi ces chansons.

Et lors d’une compétition de karaoke, à l’époque où je faisais partie des AKB48, je chantais des chansons de enka. Notre producteur, Yasushi Akimoto l’a remarqué, et  il m’a proposé d’aller plus loin dans cette voix.

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Kaori Mizumori

Quels sont les artistes dans cet univers qui vous font rêver ?

L’agence à laquelle j’appartiens travaille avec beaucoup d’artistes de enka que j’admire. Pour moi se sont tous des modèles mais si je devais en choisir une seule, je dirais Kaori Mizumori.

Comme vous l’évoquiez tout à l’heure, on vous connaît aussi pour votre passé d’idol au sein des AKB48. Comment on passe d’idol à chanteuse de enka ? Quelles sont les différences ?

Ce n’était pas simple. C’est très différent de passer d’un groupe avec beaucoup de membres, car du coup, on est juste une idol parmi d’autres. C’est le groupe qui fait la force. Mais là je fais une carrière solo dans un style assez codé… j’étais vraiment une petite nouvelle. Je tremblais à chaque fois avant de monter sur scène, c’était très dur.

Petite nouvelle, mais avec beaucoup de talent. Vous avez vraiment une très belle voix et une très bonne maîtrise de votre technique. Il y a une forte émotion qui passe quand on vous entend. Vous pratiquez depuis quel âge ? En quoi c’est différent d’un chanteur classique ?

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Yasushi Akimoto

Oui, il faut s’entraîner mais il faut savoir que d’une part j’adore chanter le enka, et que j’adore également l’écouter. Mais depuis quelques temps, je ne l’écoute plus de la même façon. J’en écoute plus et j’apprends de ce que j’entends. Et sur scène, il faut vraiment pratiquer, car on y teste des choses, on essaie de s’améliorer. La pratique est primordiale.

C’est amusant de voir vos reprises de chansons des AKB48 en version enka comme par exemple Koi suru Fortune Cookie. Comment vous est venue cette idée ?

C’est Yasushi Akimoto, le producteur des AKB48, qui a pensé que ça serait une bonne idée, alors on l’a fait.

D’ailleurs, c’est lui qui continue à écrire vos chansons. Qu’est-ce que cela apporte par rapport aux autres ?

Effectivement, il fait des chansons un peu moins orthodoxes, et cela apporte une certaine fraîcheur par rapport aux autres chansons qui sortent.

Iwasa_Misaki_-_Sabakaidou_limPourriez-vous nous parler de votre dernier single en date Saba kaidô (La route du maquereau) sorti en janvier ?

Le nom peut paraître surprenant mais il s’agit d’un lieu qui existe entre le département de Fukui et Kyôto, qui est un passage obligé pour l’importation de poisson vers Kyôto. Mais c’est aussi un lieu un peu désolé, froid, triste. Alors on le compare aux sentiments d’une jeune femme qui souffre d’amour.

Ce soir c’est le « J-music Festival in Paris Vol. 1 » où vous partagerez la scène avec UMI-KUUN et ILU GRACE, comment vous sentez vous à quelques heures de monter sur scène ?

j-music_festivalJ’ai trop hâte ! Je suis impatiente de chanter ce soir devant le public français. Hier, j’étais à Japan Expo Sud et c’était super, les gens étaient si gentils et accueillants. Et tout comme à Marseille, je vais chanter quelques chansons de mon répertoire mais aussi quelques chansons d’anime. C’est assez rare, c’est un vrai moment de plaisir pour moi.

Je prépare quelques petites phrases en français pour le public. « Vous vous amusez bien ? » (ndt : très bien prononcé) (rires)

Vous allez chanter en duo voir trio avec vos camardes sur la scène, comment vous vivez ces collaborations surprenantes ?

J’étais très contente car j’ai rarement l’occasion de faire des collaborations avec d’autres artistes, que se soit dans le enka ou pas. En plus, cette fois, ça sera sur des genres qui ne sont pas les miens. Et on apprend beaucoup de choses sur soi-même quand on se lance des défis comme ça.

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Un dernier message pour nos lecteurs ?

Je suis très heureuse de savoir qu’un magazine français est pleinement consacré au Japon. Je remercie le public qui le lit. Merci pour votre intérêt pour le Japon. Vous connaissez peut-être déjà le enka. Si vous en écoutez déjà, j’en suis très heureuse. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à le découvrir, j’espère que c’est un genre qui vous plaira.

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Un grand merci à l’équipe de Japan Expo et de Japan FM, et tout spécialement à Benjamin Nouvel et Saki Yoshida. Merci aussi à Misaki Iwasa pour son temps et à Katsura Ichikawa.

Vous pouvez retrouver Misaki Iwasa sur Twitter, Instagram et sur son blog.