L’exposition Surimono, meilleurs vœux du Japon, qui a commencé il y a un mois au musée Guimet et mettant à l’honneur un type de gravures méconnues du grand public, se poursuit jusque au 4 avril prochain. Les Surimono (littéralement : chose imprimée) sont de luxueuses estampes japonaises, qui servaient autrefois de cartes de vœux.

254806_350x350Navets, jeunes herbes et radis daikon, Yashima Gakutei, 1810-1820

C’est durant l’époque Edo (1603-1868) que l’émergence du surimono va considérablement renouveler le genre de l’estampe japonaise. Ce nouveau style est le fruit d’une étroite collaboration entre poètes et artistes, qui réunirent illustrations et poèmes sur une même page. Bien souvent commanditées par les “cercles de lettrés », qui se les offraient à l’occasion du nouvel an ou lors de commémorations (de fêtes, d’anniversaires…), ces images étaient produites en édition limitée, et étaient destinés à un usage privé.

Produits haut de gamme réservés à l’élite, ces gravures étaient réalisées sur du papier de qualité supérieure (hosho), dont la prohibition en 1840 marque la fin de cette production. Elles se distinguent à la fois par l’emploi de pigments métalliques tels que la poudre d’or, ainsi que par une technique d’impression spécifique,comme le gaufrage, qui permet d’imprimer les illustrations en relief et en creux.

250px-Pecheur_rocher_SurimonoPêcheur, Katsushika Hokusai, 1835

L’exposition “Surimono, meilleurs voeux du Japon”  en présente une sélection exceptionnelle, qui témoigne de la grande variété des sujets. Les animaux symboles de bon augure (tel que les carpes, tigres, tortues) et les personnages (qu’ils soient historiques ou légendaires, acteurs ou courtisanes) sont parmi les thèmes très prisés par les artistes. Les plus grands noms de l’estampe ce sont souvent prêtés à l’exercice, comme Katsushika Hokusai (1760-1849), Utagawa Kunisada (1786-1865), Yashima Gakutei (actif 1815-1852) ou encore Totoya Hokkei (1780-1850).

Cette savoureuse production se distingue notamment par les représentations d’objets inanimés, véritables “natures mortesqui furent particulièrement développées par les élèves de Hokusai. Voici donc une belle exposition à visiter jusqu’au 4 avril, pour découvrir un pan de l’histoire de l’estampe assez méconnu.

Information:
“Surimono, meilleurs voeux du Japon”
jusqu’au 4 avril 2016
Lieu: Musée Guimet
6, place d’Iéna – 75116 Paris
Tél: 01.56.52.54.33
Site: http://www.guimet.fr/

Source: museeguimet