28 janvier – Préfecture de Kyoto

Dernier jour au Japon. Derniers pas dans la neige. Le bus nous mène à un belvédère d’où nous admirons la baie et le port de Maizuru. D’imposants vaisseaux de guerre sont nichés dans les criques. Sur la gauche s’étend le Baiji-san, massif montagneux dont les pointes ressemblent à des oreilles de cheval.

Au temple Manpuku-ji, situé dans la ville d’Uji (près de Kyoto), connue pour la qualité de son thé vert, le moine Hirose nous attend. Il a trente ans, de généreuses proportions et un sourire poupon. Il répond sans détour à nos questions parfois indiscrètes et décrit les contraintes et l’austérité de la vie d’un jeune moine zen. Un énorme poisson en bois est suspendu sur le côté droit du temple principal. La boule qu’il a dans la bouche symbolise le détachement Et son œil, toujours ouvert, l’éveil vers lequel tend tout adepte du bouddhisme.

logo20160128_133551

On nous convie à un repas zen et végétarien dans un élégant pavillon en bois. Les sushis servis à table ne sont qu’une illusion : pour ne pas trop frustrer – tout au moins visuellement – les jeunes moines, le poisson est savamment remplacé par des lamelles de konyaku (konjac, en français), pâte fabriquée à partir de farine gélifiée issue d’un tubercule asiatique. Le repas se conclut sur un délicieux mochi au thé vert d’Uji.

Logo20160128_144339

Au pas de course, nous allons contempler l’entrée du Byōdō-in, temple bouddhiste inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Représenté sur les pièces de dix yen, le phénix, symbole de longévité, qui surmonte le toit du bâtiment principal, l’est aussi au dos des billets de 10 000 yens.

Hélas, toujours aussi pressés par le temps, nous pénétrons dans l’enceinte du Fushimi Inari-taisha et passons les premiers de ses milliers de torii couleur vermillon. Gardé par les renards (inari), protecteur des céréales et donc du riz, ce sanctuaire fondé en 711 est associé à la richesse. Entrepreneurs et hommes d’affaires viennent y implorer la clémence et la bonté des dieux pour leur « business ». Afin d’attirer leur bienveillance, ils s’acquittent de l’onéreuse construction d’un torii sur lequel sera gravé leur nom ou celui de l’entreprise.LOGO20160128_163156

La pente qui redescend vers la ville est bordée par des boutiques de souvenirs. Toutes sortes de spécialités sous forme de boulettes ou de brochettes sont cuisinées par des jeunes gens à l’allure pop. Leurs clientes sont d’élégantes jeunes filles japonaises en kimono, non moins ancrées dans la modernité.

logo20160128_164340logo20160128_164048

 

 

 

 

 

 

 

 

LOGO20160128_164503

logo20160128_164415

Nous rejoignons le centre de Kyoto, dernière étape de notre fabuleux périple. Nous ne ferons qu’une brève escapade avant le dîner en quête de quelques souvenirs. Une courte balade nocturne dans les rues qui bordent la Kamo-gawa, nous donnent un aperçu des lieux où l’on s’amuse. L’heure tardive nous empêche de rejoindre
Gion, le quartier des maiko, terme désignant les jeunes filles apprenties geishas, ses femmes qui animent les banquets sélects de leurs chants et de leurs danses traditionnelles. Il nous reste quelques heures pour boucler nos bagages, dormir un moment. Tout juste le temps de rêver que nous reviendrons. Au plus vite !


Sophie Gallé Soas
JED_LOGO 01