27 janvier – Préfecture de Kyoto

Le temps est toujours aussi clair, mais les températures sont plus clémentes. Nous longeons la mer du Japon jusqu’au village d’Ine. Les funayas, hangars où les pêcheurs garent leur bateau, bordent la crique au centre de la bourgade. Dans la rue principale, la Maison Mukai utilise pour fabriquer son saké une variété ancienne de riz rouge. Fondée en 1754, elle est l’une de rares brasseries dirigées par une femme. La quarantaine, joviale, Kuniko Mukai est fière que son saké rosé soit servi dans le fameux restaurant Noma de Copenhague, deux étoiles au guide Michelin.

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Au sanctuaire Motoise Kono, nous sommes accueillis par le prêtre shinto. Sa famille dirige les lieux depuis la 83e génération. Il nous décrit sa vie quotidienne, parle de sa succession : Il a deux filles et compte sur l’un de ses futurs gendres pour reprendre le flambeau.

Derrière le sanctuaire, un funiculaire nous transporte dans le parc Kasamatsu. Nous découvrons l’une des trois vues les plus célèbres du Japon : Amanohashidate, un bras de terre traversant la baie de Miyasu qui donne sur la mer du Japon.

Pause déjeuner insolite chez un vigneron japonais. Il produit 60 000 bouteilles par an de vin rouge, blanc et rosé, à la saveur particulière. La vigne pousse au bord de l’eau, depuis 100 ans.

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Nous arrivons de nuit, après sa fermeture, au Mémorial du rapatriement. L’équipe est malgré tout au complet. Elle nous relate le retour, dans leur pays, des 650 000 soldats japonais qui ont survécu au goulag. Capturés en 1945 en Mandchourie – avant-poste de l’occupation de la Chine par le Japon impérial –, ils sont 600 000 à ne pas être revenus.

Le soir, à l’izakaya « Daichi no kura », à Maizuru, le saké et la bière coulent à flot. Contrastant avec les dîners protocolaires des jours précédents, un joyeux désordre règne sur la longue table basse autour de laquelle sont assis une vingtaine de convives français et japonais. L’ambiance est décontractée et bon enfant. Yasushi Matsuzaki, un sexagénaire au regard espiègle fait le lien entre deux cultures faites de toute évidence pour s’entendre. Après trente ans passés en France, dont 10 dans la capitale, son accent parigot fait sensation. Tout comme les quelques gros mots qu’il se plaît à glisser dans la conversation, avec naturel et un brin de nostalgie.

 

 

 

 

Sophie Gallé Soas
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