26 janvier – Préfecture de Hyōgo

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Ce matin, froid vif et ciel bleu. Nous quittons le couple Asano et leur ryokan en forme de pagode pour rejoindre le temple Daijyou. Nous nous déchaussons à l’entrée et nos pieds se glacent au contact du sol en bois. Tout en tricotant, la petite dame chargée de vendre les amulettes, nous recommande d’enfiler des chaussettes en laine confectionnées par ses soins. Un peu mieux protégés, mais toujours frigorifiés, nous parcourons les 15 pièces du temple. Le parquet grince mélodieusement sous nos pas. La « planche à rossignol » a été spécialement conçue pour signaler d’éventuelles intrusions. La visite est guidée par M. Yamasoba, un chimiste devenu moine, sur le tard. Les peintures sur les panneaux de bois n’ont aucun secret pour lui. Elles ont été réalisées pour révéler toute leur beauté à la lumière du jour ou à la lueur d’une bougie. Paysages, animaux ou personnages invitent à la méditation en établissant un lien avec l’extérieur et en suggérant le temps qui passe.

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Nous nous arrêtons à la brasserie de saké Kasumitsuru. La visite nous rappelle les trois conditions essentielles à la fabrication d’un bon saké : le savoir-faire du maître-brasseur, la qualité de l’eau et celle du riz. Après la saccharification avec le kōji, la fermentation dure de quinze jours à un mois. Nous nous penchons sur les cuves remplies de riz écumeux.

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Le midi, à Toyooka, nous déjeunons de cinq petits plats de soba chacun, puis rejoignons à pied le centre-ville. Tout en bois, miraculeusement intact, ce théâtre fondé en 1901 a rouvert il y a huit ans. Les spectacles de kabuki, kyōgen, rakugo, mais aussi les créations contemporaines, se succèdent pour le plus grand plaisir des locaux et des touristes de passage.

Au revers de leur veste, les représentants officiels de la ville de Toyooka arborent fièrement un pin’s en forme de cigogne. Disparues au cours du XXe siècle en raison de l’activité humaine : chasse, déforestation, pollution…, elles sont réintroduites depuis plusieurs années, avec succès ! Pour donner toutes ses chances à ce projet, les erreurs environnementales, commises par le passé, sont petit à petit corrigées. Par exemple, dans cette zone, on pratique désormais la culture biologique du riz. Comme le dit le maire de Toyooka, ce qui est bon pour la cigogne est bon pour l’homme, et inversement.

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Soirée à Kinosaki-onsen, petite ville thermale ayant conservé son charme d’antan. Dans les ruelles, et malgré le froid, des grappes de jeunes gens venus fêter la fin des leurs études universitaires déambulent en yukata, chaussés de leurs getta. Un « pass » leur permet d’accéder aux différents bains publics de la ville, et de savourer les eaux chaudes entre amis. Leurs cheveux ébouriffés, « couleur thé », trahissent, en dépit de leurs tenues traditionnelles, leur appartenance à la pop culture japonaise et à leur époque.

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Photo : Frédéric Castel

 

Sophie Gallé Soas
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