25 janvier – Préfecture de Tottori

Il neigeait à gros flocons quand je me suis endormie hier soir. Réveillée de bonne heure, j’ouvre un œil : le paysage enneigé est digne d’un grand maître de la peinture japonaise !

logo20160125_081116

Je commence la journée devant un thé vert. J’allume la télé. Sur NHK, la neige est à la une. Deux événements sportifs ont tenu les Japonais en haleine ce week-end. Le tennisman Kei Nishikori a battu à plate couture Joe Wilfried Tsonga à Melbourne et le tournoi de sumo d’hiver a vu la consécration d’un nouveau champion : Kotoshigoku. Il est le premier sumo, né au Japon, à remporter un basho depuis 10 ans. La chaîne passe en boucle les images de ce trentenaire jovial aux côtés de sa jeune femme radieuse et si délicate. Elle montre aux caméras, la bague que son époux lui a offerte et dépose un petit bisou sur les grosses joues du champion, ce qui fait littéralement craquer les présentatrices du journal télévisé.

LOGOP1160506

Je quitte à regret ma couette, mon futon et surtout le paysage enneigé à ma fenêtre. Nous devions aller jusqu’au mont Mitoku et au temple Sanbustu-ji, miraculeusement accroché depuis des siècles à la paroi rocheuse, mais la neige a rendu la route impraticable. Je chausse donc mes après-skis et pars me balader. L’épaisse couche de neige est vierge de toute trace. Quelques commerçants dégagent l’entrée de leur magasin. J’emprunte l’élégant pont qui enjambe la rivière. Au coin, je découvre avec surprise la statue de Pierre et Marie Curie. La petite ville de Misasa voue une sorte de culte à la grande chercheuse qui a découvert le radium, dont les eaux de la station thermale sont particulièrement chargées. Chaque année, le 4 août, Misasa rend hommage à Marie Curie.

logoP1160538

Longeant la mer du Japon, avant de quitter la préfecture de Tottori, nous faisons halte au sanctuaire shinto d’Hakuto, dédié au lapin blanc. Selon un mythe un peu compliqué pour les béotiens que nous sommes en matière de religion shintō, le petit lapin habitait l’île d’Oki , face au sanctuaire. Voulant rejoindre le continent, il sollicita l’aide de crocodiles (certains parlent de requins…) qui lui prêtèrent leur dos pour sauter jusqu’au rivage. Le lapin oublia de les remercier. Fâchés, les crocodiles (ou les requins) le dépiautèrent. Horreur au contact de l’eau salée ! Mais le Dieu Onamuchi, qui passait par là, sauva le petit lapin auquel le sanctuaire est dédié (Mille excuses, à notre guide, Ayumi, pour les oublis et les raccourcis !).

Préfecture de Hyōgo

Nous passons la soirée dans une autre ville d’eau : Yumura. Notre ryokan est tenu par le couple Asano. Mari nous accueille chaleureusement en kimono. Son époux annonce que nous allons « nous faire cuire un œuf » (!).logoP1160643

 

Au bord de la rivière, derrière l’étroit canal, alimenté par la source d’eau chaude, où les femmes, autrefois, lavaient le linge, se trouvait – et se trouve encore – la « cuisine » collective du village : des trous pratiqués dans le sol, permettent de plonger les légumes, les œufs… pour les faire cuire. Aujourd’hui, notre hôte a même obtenu, un délicieux caramel après avoir immergé pendant six heures dans l’eau à 86°, une boîte de lait concentré.

LOGOP1160668

logoP1160669

 

 

 

 

 

 

 

 

La soirée se termine au onsen, et en yukata.

 

Sophie Gallé Soas
JED_LOGO 01