Depuis le début du mois de février, la Maison de la Culture de Japon à Paris nous donne l’occasion de mieux connaître le réalisateur Noboru Nakamura, au travers d’un grande rétrospective de ses films. Et contrairement à l’idée reçue selon laquelle le cinéma de Nakamura serait fade et convenu, on redécouvre dans ses oeuvres une profondeur insoupçonnée.

tumblr_nbhhjnzztF1qkwbgso1_500

Le plaisir en famille (1951)

Noboru Nakamura, né en 1913 à Shitaya, débuta comme assistant réalisateur à la Shôchiku (l’une des plus grande société de production cinématographique japonaise du début du XXe siècle) après avoir été diplômé de la faculté de lettres de Tokyo en 1936. Durant ses années de formations, il apprend les ficelles du métier sous la direction de Yasujirô Shimazu et d’autres maîtres du genre Ofuna (style cinématographique proche de la comédie de moeurs, dépeignant de quotidien des familles de classe moyennes dans les d’après guerre). Au début de sa carrière, il réalisa de nombreux films respectant à la lettre les styles Kamata et Ofuna préconisés par la direction des studios et son patron de l’époque Shirô Kido, ce qui lui valut cette étiquette un peu “ringarde” mais tenace d’employé modèle tout juste bon à faire des films irréprochables dans leur forme mais désuets de fond.

Pourtant dès les années 60, son cinéma prend un certain tournant et il commence à réaliser de très beaux portraits de femmes, à l’esthétique précieuse et à la narration dépouillée. Ses films seront d’ailleurs à deux reprises nommés aux Oscars – pour « Kyoto » et « Portraits de Chieko », devenant ainsi l’élégante vitrine d’une certaine conception formaliste et littéraire du cinéma japonais, tout en construisant un nouveau genre d’archétype féminin à l’écran.

Kyoto

Kyoto (1963)

Avec le recul, on comprend que l’œuvre de Nakamura est d’une modernité surprenante, et qu’elle revêt une épaisseur insoupçonnée. Plongé dans une recherche plastique permanente, le cinéaste semble vouloir capturer l’ambiguïté humaine par sa dimension picturale. Pour cela il privilégiera dans ses drames, où les figures féminines sont bien souvent en proie à de grandes confusions sentiment, un jeu de lumières et de couleurs intelligent et subtil à un scénario sur-écrit. C’est donc cet éclairage justement dosé qui parvient alors à traduire la grande complexité des émotions humaines.

Cette première grande rétrospective hors du Japon est donc non seulement une occasion exceptionnelle de casser les idées reçues sur le cinéma de Noboru Nakamura, mais aussi de découvrir l’influence considérable qu’il a eu dans la construction du mélodrame japonais des années 60.

csm_ShapeofNight_main_6b86ba0fb2

Le contour de la nuit (1966)

Information:
Cycle Noboru Nakamura : le cinéma au Féminin
Jusqu’au 20 Février 2016
Lieu: Maison de la Culture du Japon à Paris
101 bis, quai Branly – 75015 Paris
Tél: 01.44.37.95.01
Site: http://www.mcjp.fr/

Les séances : 

  • Mardi 16 Février :
    16h30 : Les trois visages de l’amour (1967)
    19h: Mon Destin (1968)
  • Mercredi 17 Février:
    15h: Un père de 21 ans (1964)
  • Jeudi 18 Février:
    16h30: D’amour chante mon coeur (1969)
    19h: Trois vieilles dames (1973)
  • Vendredi 19 Février:
    16h30: Portrait de Chieko (1967)
    19h: Le Plaisir en Famille (1951)
  • Samedi 20 Février:
    14h30: Un père de 21 ans (1964)
    16h30: Le Contour de la nuit (1966)

Source: mcjp