22 janvier – Préfecture de Hyōgo

Quand notre avion se pose sur l’aéroport international du Kansai, il est 8h20 du matin. Un peu plus de minuit à Paris. Mes paupières sont lourdes, mais je ne veux perdre aucune miette de mon arrivée au Japon. L’île artificielle où nous venons d’atterrir est située dans la baie d’Osaka. Pour rejoindre Kobe, nous traversons la zone portuaire, avec ses complexes sidérurgiques et pétrochimiques recrachant d’épaisses fumées grises. S’ensuit un interminable paysage de bâtiments en béton : bureaux, logements, « dormitory » pour employés célibataires. Il nous faudra une heure et demie pour venir à bout de cette gigantesque conurbation.

La route se met à grimper pour rejoindre Arima et ses sources chaudes aux vertus relaxantes. Hélas, malgré la fatigue, notre visite au dieu du onsen est remise à plus tard. À peine avons-nous posé le pied sur les tatamis et déposé nos bagages, que nous devons repartir pour Kobe. Nous faisons halte dans un restaurant traditionnel, l’Osakabayashi, également fabriquant réputé de saké. Sous les vieilles poutres enfumées, les petits plats raffinés se succèdent.

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L’après-midi, nous visitons le musée consacré au grand séisme du Hanshin (17 janvier 1995). Une projection à 180 degrés nous fait revivre la violence du séisme. Nous en ressortons ébranlés. Au mémorial est associé un centre de recherche. Il a pour objectif de tirer les leçons de la catastrophe. Se souvenir, mais aussi tenter de limiter les dramatiques conséquences humaines et matérielles des futurs tremblements de terre.

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À Arima, un repas somptueux nous attend. Je goûte pour la première fois au fameux bœuf de Kobe, et au fugu ! On nous sert dans une multitude de coupelles, du poisson cru et des crustacés rares, des légumes croquants, du crabe, du homard et mille autres petites merveilles.

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Avant de profiter enfin de mon futon moelleux, vêtue d’un yukata, je rejoins le onsen. Dans le bassin alimenté par la source d’eau chaude venue des entrailles de la terre, face à la grande baie vitrée, mon regard se perd dans la nuit. Je ne pense à rien, si ce n’est au pur bonheur d’être ici. La France est déjà loin.

 

 

 

Sophie Gallé Soas
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