Naomi Kawase nous revient un an tout juste après Still the water, avec un nouveau film intitulé Les Délices de Tokyo”. Celui ci s’inspire du roman japonais AN de son ami Durian Sukegawa, qui jouait déjà dans l’un des précédents films de Naomi Kawase : Hanezu, l’esprit des montagnes. La cinéaste, qui fut touchée par le roman et « la précision avec laquelle il décrit ce qui est invisible dans la vie », décida immédiatement alors d’en faire un long métrage.

Les-Délices-de-Tokyo-455x620

Synopsis:

Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ».Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher. Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable…

Avec ce film, Kawase Naomi nous narre les destins croisés de trois âmes solitaires qui peinent à exister dans une société cruelle et pleine de préjugés. Pour combler un manque affectif ou familial, chacun des protagonistes va alors se raccrocher à l’autre. C’est d’ailleurs cette rencontre entre trois générations différentes qui va créer la réaction dramatique et donner toute sa consistance à l’histoire.

L’un des points fort du film est bien évidement l’excellent casting. Il réunit deux acteurs incontournables des écrans japonais, l’excellent Nagase Masatoshi et Kiri Kirin devenue depuis quelques temps la grand-mère idéale japonaise. Le film nous fait également découvrir la jeune révélation Uchida Kyara (petite fille de Kiri Kirin), qui n’en est qu’à son deuxième film.

Nagase Masatoshi interprète Sentaro le vendeur renfermé de dorayaki, qui s’épanouit au fur et a mesure que le récit avance. Kiri Kirin, elle, donne vie à Tokue, le personnage central et émouvant du film, qui par ses talents culinaires et son mal-être, va mettre en lumière le jugement hâtif de son entourage. Enfin Uchida Kyara quant à elle joue avec naturel et simplicité le rôle de Wakana, la jeune collégienne réservée.

topelement
Kawase Naomi parvient à nous livrer un film sensible, où elle observe ses personnages prendre vie dans une mise en scène sans artifice, les regardant évoluer dans leur quotidien exigu, prisonniers des conventions sociales et cherchant un moyen de s’en échapper. La réalisatrice traite pleinement des expériences de vie douloureuses de ses personnages avec émotion et mélancolie, sans pour autant tomber dans le film mélodramatique.

Source: Allociné