Journal de bord. Jour premier. Niigata. Quelque part entre 1601 et 2015.

L’équipage fatigue. Je crains une mutinerie. Il faut dire que l’île de Sado traine une sale réputation… Certains racontent même qu’elle est maudite. Du VIIIème au XVIIème siècle on y envoyait en exil des prisonniers lettrés dont on ne savait pas trop quoi faire : poètes, moines, et même empereur…

Mais depuis quelques temps on y trouve aussi, en plus de leur fantôme, des filons d’or. Et on est tous bien décidés à chopper notre part du butin, y compris par la force ! 400 kilos d’or par an, la plus grosse réserve mondiale du XVIIème…

Pour atteindre notre but nous n’avons pas ménagé nos efforts. Une journée entière de route depuis Kusatsu Onsen. Partir de cette citée thermale a été difficile, j’ai du tirer les moussaillons par le col du yukata pour les sortir des bains bouillants… J’en ai même chopé un totalement hypnotisé par le Kôyô ! Ces feuilles d’érables qui se teintent en rouge l’automne ! Un pirate poète on aura tout vu !

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Je les ai attiré avec de l’umeshu, un alcool de prune japonais, dans tout les bus et trains de la région. Six heures de transport, c’est pas pour les marins d’eau douce ! Du coup on fait quelques origamis pour passer le temps…

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On a même pris le Shinkansen, le train le plus rapide de cette région du globe !

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Et puis y’a la mer du Japon. Ou de Chine. Tout dépend de quel côté de cette fichue étendue d’eau tu te trouves, mais chez nous on fait pas dans la dentelle, tant que y’a de l’or, on file ! L’équipage était bien content de retourner à l’eau grâce au ferry qui vogue entre la ville côtière de Niigata et l’île.

drapeau

Il avait fière allure notre navire drapeau au vent !

Ici dans les ferries, on s’allonge au sol dans de grandes salles après avoir enlevé ses chaussures. Les familles jouent entre les dormeurs le tout en silence. Celui qui se fait remarquer peut se préparer à aller nourrir les poissons !

horizon

Les cotes de Sado au soleil couchant…

Enfin ! Après 2 h de navigation : Sado à l’horizon ! Nous abordons en pleine nuit, comme seul les vrais flibustiers savent le faire, en toute discrétion nous nous faufilons jusqu’à notre ryokan…

La chance nous sourira-t-elle demain ? Trouverons-nous les mines d’or tant attendue ? Seul Ryujin le dieu de la mer le sait !