Les RADWIMPS, on vous en parle depuis un moment, c’est ce génialissime groupe de pop-rock japonais qui nous a séduit avec son sens de la mélodie et ses guitares implacables. Notre journaliste, Caroline Segarra, les a interviewé en exclusivité pour Japan Lifestyle. L’occasion de vous rappeler que le groupe sera en concert exceptionnel à Paris à la Flèche d’Or (et non au Trabendo comme initialement prévu) le 13 Octobre prochain, et que les billets sont déjà disponibles sur le site de la FNAC.

Japan Lifestyle : Yôjirô, vous êtes le chanteur du groupe mais aussi la personne qui compose et écrit presque toutes les chansons du groupe. Vous avez vécu quelques années aux Etats Unis, pensez vous que cela a influencé le style musical du groupe ? De quelle façon ?

Yôjirô : Oui le fait que j’ai vécu aux Etats-Unis m’a influencé, sans aucun doute. Les Etats-Unis c’est le croisement et le mélange de tous les peuples. Y vivre m’a fait me demander tout le temps : « qui suis-je? ». Au final, cela se ressent dans notre musique, pour laquelle nous cherchons de multiples influences.

JLS : Dans vos premiers albums on retrouve l’essence et la fougue de la jeunesse avec des chansons un peu plus punk qu’aujourd’hui. Peut-on dire que vous avez mûri avec des mélodies encore plus travaillées et un peu plus de balades ?

Yôjirô : Les titres sont composés et écrits en suivant l’inspiration et le feeling du moment. Et puis nous essayons de ne pas trop nous répéter. Pourtant je pense qu’à un moment ou à un autre, on finit par revenir sur ses pas.

JLS : Les paroles des chansons sont pour une part très importante dans la popularité de votre musique. Qu’est-ce qui vous inspire lors de leurs créations ? Les contextes sont-ils tous différents ?

Yôjirô : Cela dépend des titres. Auparavant, je composais avant de poser les paroles, mais ces temps-ci je procède en simultané. Il m’arrive aussi de commencer à créer des démos dans mon coin, sur mon ordi, puis je fais écouter des morceaux en guitare/voix aux autres membres, puis nous parachevons cela tous ensemble en studio.

Les paroles naissent de mes émotions les plus fortes. Elles me permettent de me vider la tête de mes pensées quotidiennes. Fondamentalement, je parle de la vie, de la mort, et de ce qui se passe entre les deux.

JLS : Dans votre récente chanson Jikkyô chûkei, vous dépeignez la relation entre Dieu et Bouddha. Le clip lui aussi est assez fort visuellement. Cherchiez-vous à dénoncer quelque chose en particulier ?

Yôjirô : J’ai depuis longtemps cette idée que les dieux se disputent le monde – une idée inspirée par les actualités qui dépeignent les guerres de religion sans fin qui secouent le monde entier. Je ne suis pas du tout religieux, et je me suis donc demandé si j’arriverais à exprimer cela dans ma musique.

JLS : Noda, vous avez débuté une carrière solo en 2012 sous le nom de illion. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Noda : Tout d’abord, cette expérience solo m’a permis de réaliser mes propres enregistrements. Et elle m’a permis de mieux me rendre compte du rôle de RADWIMPS.

JLS : En 2013, vous étiez déjà venu en solo pour promouvoir votre album UBU et vous avez fait un concert à Londres ainsi qu’en Allemagne. Ce premier contact avec un nouveau public sur un nouveau projet, comment cela s’est-il passé ?

Noda : C’était mon premier concert à l’étranger et j’étais très ému. Les fans de RADWIMPS étaient là aussi, et cela m’a donné envie de revenir en Europe avec le groupe.

JLS : Aujourd’hui, c’est avec les RADWIMPS que vous allez vous produire en Europe et plus précisément en France à Paris le 13 octobre. Pouvez vous nous parler de votre tournée RADWIMPS 2015 Asia Europe Live Tour ?

Noda : Nous sommes bien évidemment tous très motivés ! Nous sommes impatients de découvrir comment nos fans acceptent notre musique.

JLS : Cette tournée n’a pas pour but de mettre en avant un album en particulier, alors comment vous êtes vous mis d’accord sur la setlist ? Est-ce que ça sera une sorte de best of de vos chansons ?

Noda : Nous sommes encore en train de fixer la setlist, mais elle sera bien équilibrée entre titres nouveaux et anciens, car nous imaginons que la plupart d’entre vous nous verrez pour la première fois.

JLS : Cette année 2015 est pleine de nouveautés pour vous. Vous avez fait vos débuts en tant qu’acteur en juin avec le film Toilet no Pieta, adaptation au cinéma de la dernière oeuvre de Osamu Tezuka. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Noda : Cette expérience a été tout à fait nouvelle pour moi. Contrairement au monde de la musique, j’ai l’impression que le cinéma appartient totalement aux réalisateurs et aux producteurs. Je donne mes semaines et mes mois au réalisateur, et je vis mon rôle là-dedans, tout simplement.

Etre musicien, c’est beaucoup vivre « en soi », et le fait de changer de peau grâce au cinéma m’a beaucoup apporté en me faisant comprendre que je pouvais jouer à être quelqu’un d’autre. J’ai dû jouer le rôle d’un garçon qui allait mourir d’un cancer, et je me suis aperçu que plus j’entrais dans le rôle, plus je maigrissais sans même y penser. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que l’esprit surpasse le corps.

Pourtant, comme je suis musicien et je vis beaucoup trop comme je suis, le fait que j’ai pu être quelqu’un d’autre m’a sauvé dans une certaine mesure, puisque naturellement ce n’est pas nécessaire de souffrir sur « moi-même » quand je suis quelqu’un d’autre.

JLS : C’est aussi le groupe RADWIMPS qui s’est occupé de la chanson thème du film. Comment avez vous créé cette chanson « Picnic » ?

Noda : Je l’ai composée juste après la fin du tournage, à un moment où j’étais encore dans la peau de mon personnage, Hiroshi.